APA & diabète : quels bénéfices scientifiquement prouvés ?

Le diabète et l’activité physique ont une ressource commune, le sucre présent dans le sang. Quand l’un dérègle cette ressource, l’autre se retrouve impacté. Il existe plusieurs types de diabètes et ceux-ci n’ont pas forcément le même comportement face à l’activité physique.

Mécanismes physiologiques du diabète

Pendant l’effort, la consommation d’oxygène augmente fortement et les muscles puisent dans leurs réserves de glycogène, dans les triglycérides et dans le glucose libéré par le foie. Chez une personne non diabétique, des ajustements hormonaux (baisse de l’insuline, hausse du glucagon) maintiennent la glycémie stable. Ces adaptations hormonales sont largement perdues chez les personnes diabétiques. Le type de diabète a un impact sur ces ajustement hormonaux, et la volonté d’implémenter de l’activité physique dans son quotidien lorsque l’on est diabétique vient avec des conditions.

Diabète de type 1

L’activité physique est possible pour les personnes avec un diabète de type 1 sans complications et bien équilibrées, à condition d’adapter le traitement (insuline, alimentation) en fonction de l’intensité du sport pratiqué. A l’inverse, l’APA peut s’adapter au traitement de la personne diabétique, en suivant les prérogatives médicales. L’activité physique adaptée et le traitement doivent coexister pour chercher le bénéfice, il ne s’agit donc pas de totalement modifier l’un pour s’adapter à l’autre.

Diabète de type 2

Chez les personnes diabétiques de type 2, l’activité physique peut améliorer la sensibilité à l’insuline et aider à ramener une glycémie élevée vers des valeurs normales. Plusieurs études de long terme montrent un effet bénéfique constant sur le métabolisme des glucides et la sensibilité à l’insuline, avec des améliorations de l’HbA1c de l’ordre de 10 à 20 % par rapport aux valeurs de départ.
L’activité physique régulière réduit de façon assez constante les triglycérides (VLDL), a un effet plus variable sur le HDL et le LDL, et peut contribuer à réduire la tension artérielle, notamment chez les personnes hyperinsulinémiques. Elle favorise aussi la perte de poids et son maintien, en particulier la perte de graisse abdominale, lorsqu’elle est associée à une alimentation adaptée.
Trois essais cliniques montrent que des modifications du mode de vie (perte de poids et activité physique modérée régulière) peuvent retarder ou prévenir l’apparition du diabète de type 2.

Précautions

La source ADA/ACSM recommande un bilan médical avant de démarrer un programme, avec dépistage des complications cardiovasculaires, oculaires (rétinopathie), rénales et neurologiques, car certaines activités (musculation intense, sports à impact) peuvent être déconseillées selon la sévérité de ces complications. C’est pour ça que l’activité physique adaptée se positionne idéalement dans la mise en place d’un programme sportif pour personne diabétiques.
Hydratation, chaussures adaptées et surveillance glycémique avant/après l’effort sont aussi soulignées.

Recommandations pratiques (IDF)

L’IDF recommande une activité physique au moins 3 à 5 jours par semaine, pendant 30 à 45 minutes. Chez les diabétiques, l’exercice régulier rend les cellules plus sensibles à l’insuline, ce qui aide à maintenir la glycémie dans la cible.
La pluralité des Activités Physiques Adaptées, et leur facilité d’accès sont donc une bonne réponse à ces recommandations. Marche, Yoga, Pilates étant des activités non explosives et facilement maintenables sur le long-terme, les intégrer à son quotidien lorsque l’on est diabétique est réalisable, surtout avec les bons accompagnants.

Sources :
https://diabetesjournals.org/care/article/27/suppl_1/s58/24729/Physical-Activity-Exercise-and-Diabetes
https://idf.org/managing-diabetes/physical-activity/