APA dans les maladies cardiovasculaires : que dit la HAS ?

La HAS, ou Haute Autorité de Santé, est une autorité publique indépendante à caractère scientifique. Son objectif est de développer la qualité dans le secteur de la santé en général. En plus d’informer les particuliers et les professionnels, elle est en capacité de mesurer la qualité des soins et des établissements, via, entre autres, des campagnes de recueil et des visites de certification. La HAS est une entité dont les propos sont une référence pour le domaine médical.

Ce que dit la HAS sur l’APA dans les pathologies cardiovasculaires

La HAS indique que, dans les maladies chroniques, notamment les maladies cardiovasculaires, l’activité physique est une thérapie à part entière, seule ou associée aux traitements médicamenteux et autres traitements non médicamenteux. Elle doit être adaptée à l’état de santé du patient et encadrée par un professionnel formé.

Par exemple, d’après la HAS, l’activité physique adaptée fait partie des traitements non pharmacologique recommandés pour des patients ayant une Insuffisance Cardiaque Stable. Elle doit être adaptée aux possibilités et aux préférences des patients. Ici, il y a un objectif de lutte contre la sédentarité. L’APA est aussi indiqué comme indispensable par exemple, pour un patient en stade II de la NYHA (La classification New York Heart Association).

Dans d’autres cas moins spécifiques, lorsqu’un événement cardiaque grave apparaît, des contre-indications absolues à la pratique d’activité physique suivent :

  • Syndrome coronarien aigu récent (dans les 2 jours).
  • Maladie cardiaque instable à l’interrogatoire/examen.
  • Insuffisance cardiaque non compensée.
  • Thrombophlébite aiguë ou embolie récente (pulmonaire ou systémique).
  • Endocardite active.
  • Myocardite ou péricardite aiguës.
  • Dissection aortique aiguë.
  • Sténose aortique sévère symptomatique.
  • Voir le détail

En revanche, en phase de rémission ou dans des cas moins grave, ces contre-indications peuvent disparaître et/ou se transformer en « frein ». Ces freins peuvent être de plusieurs ordres :

  • physique : autre douleur chronique, autre faiblesse musculaire, etc. ;
  • psychique : syndrome anxieux ou syndrome dépressif évalué par le questionnaire HADS (Hospital Anxiety and Depression Scale), ou demande explicite du patient d’être encadré ;
  • environnemental : le patient décrit un environnement inadapté (géographique, autre…).

En présence de freins, une activité physique supervisée est proposée au patient. La supervision peut être réalisée par un enseignant en activité physique adaptée.

Dans un autre exemple, pour le syndrome coronarien chronique, la HAS indique que les bénéfices de l’activité physique sont à la fois indirects — par l’amélioration des facteurs de risque cardiovasculaire — et directs, notamment via des effets anti-inflammatoires et anti-ischémiques. Elle conclut que l’activité physique régulière diminue la morbi-mortalité et la mortalité cardiovasculaire chez ces patients.

Les 4 classes de la NYHA

La terminologie la plus simple utilisée pour décrire la gravité de l’insuffisance cardiaque est la classification fonctionnelle de la New York Heart Association (NYHA). Elle est basée sur les symptômes du patient et permet d’orienter le traitement.

  • Classe I :
    • Aucune limitation de l’activité physique.
    • Les efforts ordinaires ne provoquent ni fatigue, ni essoufflement (dyspnée), ni palpitations.
  • Classe II :
    • Limitation légère de l’activité physique.
    • Le patient est à l’aise au repos, mais les efforts importants de la vie courante (marche rapide, monter plusieurs étages) entraînent des symptômes.
  • Classe III :
    • Limitation marquée de l’activité physique.
    • Le patient est à l’aise au repos, mais les efforts faibles (activité minimale) provoquent des symptômes.
  • Classe IV :
    • Incapacité à réaliser le moindre effort sans inconfort.
    • Les symptômes d’insuffisance cardiaque (essoufflement, fatigue) sont présents au repos et augmentent lors du plus petit effort.